Archive for the ‘News’ Category

L’UE ne part pas de zéro

Vendredi, octobre 6th, 2017

Au cours des soixante dernières années, le rôle de l’UE a consisté à soutenir les changements, mais aussi à les guider, tout en respectant les responsabilités des autres niveaux de pouvoir. Le traité de Rome comportait déjà des principes fondamentaux tels que l’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes et le droit des travailleurs de se déplacer librement dans un autre État membre. Des règles détaillées ont été instaurées pour concrétiser le droit de s’installer dans un autre pays: certaines d’entre elles garantissent les droits des patients à se faire soigner à l’étranger et à être remboursés de leurs frais médicaux, d’autres concernent la reconnaissance mutuelle des diplômes, et d’autres encore font en sorte que les personnes ne perdent pas leurs droits à pension acquis lorsqu’elles décrochent un emploi dans un autre pays. Ces dispositions ont eu un impact positif direct sur la vie de millions de personnes, ce qui a été tout profit pour nos économies et nos sociétés dans leur ensemble. Parallèlement au développement du marché unique, l’UE a élaboré toute une série de dispositions d’application concernant la sécurité et la santé des travailleurs, l’égalité des droits, les formes de travail atypiques telles que le travail à temps partiel ou le travail intérimaire. Cela s’explique par le fait que nous avons reconnu qu’un marché commun nécessite également des règles communes, fixant des normes minimales générales, dans un certain nombre de domaines. En fournissant des orientations aux gouvernements nationaux, l’Europe leur permet de s’inspirer des expériences d’autres pays. Dans le domaine social au sens large, ces orientations concernent de nombreux domaines, allant de l’éducation au sport, en passant par les soins de santé, la politique en faveur de la jeunesse, l’égalité entre les hommes et les femmes et la lutte contre la discrimination. Lorsqu’ils coordonnent leurs politiques budgétaires et économiques dans le cadre du semestre européen, les États membres conviennent de mettre en œuvre des réformes économiques et du marché du travail pour soutenir une croissance inclusive et renforcer l’équité sociale, en s’appuyant sur des finances publiques responsables. Bien qu’une partie importante du budget de l’UE soit utilisée pour soutenir l’innovation sociale et des projets sociaux dans les États membres, ainsi que pour lutter contre la pauvreté, il convient de noter que le budget social de l’UE ne représente que 0,3 % du total des dépenses publiques dans le domaine social dans l’Union. Même si cette part pourrait être réévaluée à l’avenir, il ne fait pas de doute que la protection sociale est et restera principalement entre les mains des États membres. Le budget de l’UE sert essentiellement à soutenir des actions visant à donner aux Européens les moyens d’intégrer les groupes défavorisés, comme les Roms, par exemple, dans le marché du travail et d’aider les travailleurs à s’adapter à l’évolution des marchés du travail. Il y a 30 ans, l’Europe a mis au point un programme qui permet aux étudiants de faire une partie de leurs études dans un autre État membre. Le programme Erasmus+ est devenu l’une des initiatives les plus réussies de l’histoire européenne puisque puisque, présent, 9 % des étudiants européens y ont eu recours. seulement au sein de l’Union et dans notre voisinage, mais aussi à travers le monde et loin de nos frontières. La convergence des normes sociales est un élément clé d’une mondialisation équitable. À cet effet, l’UE coopère avec les organisations internationales pour faire respecter les normes internationales régissant les droits de l’homme et les droits sociaux et améliorer les conditions de travail.

Quand on rigolait de Trump

Vendredi, septembre 1st, 2017

Aucune élection américaine n’aura, je pense, à ce point focalisé l’attention générale que celle qui pointe le bout de son nez. Il y a quelques jours encore, je me suis rendu à Chicago dans le cadre d’un incentive où j’ai abordé le sujet avec d’autres participants. Et j’ai été étonné de constater que ces derniers croyaient dur comme fer qu’Hillary va accéder au fameux bureau ovale. Ce qui est selon moi une erreur grossière : tout montre au contraire que c’est Donald qui va gagner. Evidemment, l’idée qu’un homme qui tient des propos aussi excessifs puisse gagner de telles élections peut sembler absurde, mais elle est au contraire parfaitement réaliste. Parce que son programme a au fond peu d’importance. Bien sûr, certains croient certainement en ses promesses électorales outrancières. Les laissés-pour-compte de la crise croient vraiment qu’il saura relever le pays et lui rendre sa grandeur passée, ramener les industries et les emplois dans les régions les plus sinistrées. Mais ces gens-là ne sont pas assez nombreux pour livrer à Trump la présidence sur un plateau. Ceux qui vont le faire gagner, en réalité, ce sont tous ces cyniques qui ne croient plus au système et veulent voir le monde brûler. Ils sont persuadés que le républicain est en soi un choix abominable, mais c’est justement pour cela qu’ils vont porter leur choix sur lui. Impossible ? Typiquement américain ? Non, pas vraiment. Car nous avons en réalité connu la même situation. Il y a plusieurs décennies, un phénomène semblable a fait qu’une candidature fantaisiste, celle de Coluche, a été tellement soutenue par la population que le candidat lui-même a dû se rétracter. Et je crois que Trump sera élu pour les mêmes raisons. Parce que ce dernier est un bouffon, et que les gens qui ne prennent plus les politiques au sérieux ont un très mauvais sens de l’humour. Quoi qu’il en soit, cet incentive à Chicago m’a bien plu. Pour plus d’informations sur ce type de séjours, je vous renvoies au site de l’organisateur de ce voyage incentive aux USA.

Easyjet devient autrichienne

Vendredi, juillet 28th, 2017

Easyjet a annoncé jeudi avoir obtenu son certificat de transporteur aérien en Autriche, ce qui vient garantir l’établissement de sa nouvelle filiale à Vienne qui lui permettra de voler à travers l’Europe et en domestique au sein de l’Union européenne après le Brexit. La compagnie aérienne au logo orange et blanc a également obtenu une première licence d’exploitation aérienne en lien avec la création de cette filiale, annoncée le 14 juillet. « Un seul avion est enregistré pour l’instant », a précisé Carolyn McCall, la directrice générale, lors d’une conférence téléphonique jeudi. »Un long travail d’une année nous reste à accomplir pour enregistrer les 99 avions restants. » « La décision paraît soudaine mais elle est le résultat d’une réflexion de 15 mois. Notre première visite à Vienne s’est effectuée en août 2016″, a-t-elle ajouté. La directrice générale de la compagnie basée à Luton, près de Londres, a affirmé qu’aucun des 6.000 emplois britanniques ne serait transféré en Autriche à l’occasion de la création de cette filiale appelée EasyJet Europe. En sortant de l’UE en mars 2019, le Royaume-Uni pourrait en effet sortir aussi du ciel unique européen, un accord qui permet aux compagnies basées dans les pays concernés de voler sans entrave à travers toute l’Europe. C’est cette perspective qui a poussé EasyJet à créer une filiale en Autriche. Autre bonne nouvelle, le groupe a annoncé une révision à la hausse de sa prévision de bénéfices avant impôt pour l’année 2017: il table désormais sur un bénéfice compris entre 380 millions de livres (429,7 millions d’euros) et 420 millions de livres (474,9 millions d’euros), contre un peu moins de 367 millions jusqu’à présent. Le chiffre d’affaires du trimestre du 1er avril au 30 juin a augmenté de 16% à 1,39 milliard de livres (1,57 milliard d’euros). Après sept ans de service, Carolyn McCall quittera la compagnie pour prendre les rênes du groupe télévisé britannique ITV dès janvier 2018, avait annoncé EasyJet lundi. « Cela a été un choix difficile à faire. Je suis très fière du chemin parcouru par Easyjet au cours de ces sept années », a-t-elle déclaré. Pour chercher son successeur, la compagnie aérienne a anticipé la nomination de Moya Green comme administratrice non exécutive. Elle a rejoint le conseil d’administration le 19 juillet au lieu du 1er septembre. L’administrateur Keith Hamil, qui devait prendre sa retraite au 31 juillet 2017, a accepté de rester au sein du conseil pour une période qui ne devrait pas excéder la fin de l’année. Aucune date n’a été donnée concernant une annonce de successeur à Mme McCall.

Gaza est dans le noir

Mercredi, juin 21st, 2017

«Le quotidien de Gaza, ce sont les maisons détruites, et les enfants qui se blessent avec les bougies qu’on allume parce qu’on n’a plus d’électricité», s’emporte Ismaïl Shimbari, père d’une famille nombreuse s’entassant dans un préfabriqué insalubre de Beit Hanoun, une ville proche de la frontière avec Israël. «Le Hamas ne gagnera aucune guerre, le siège israélien ne sera jamais levé, et on va juste tous crever ici», conclut ce trentenaire dont la maison a été détruite dans le dernier affrontement entre Israël et le Hamas, à l’été 2014. Alors que le petit territoire, 365 kilomètres carrés pour 2 millions d’habitants, subit une crise humanitaire chronique régulièrement dénoncée par les Nations unies, nombreux sont ceux qui partagent le pessimisme d’Ismaïl. Dernier épisode en date : les pénuries d’électricité. Elles n’avaient jamais atteint un niveau aussi critique. En avril, l’Autorité palestinienne (AP) a cessé de payer les frais de la seule centrale de Gaza. Dimanche, les autorités israéliennes, qui fournissent la majorité du courant, ont aussi annoncé réduire leur distribution. Les Gazaouis obtenaient de trois à quatre heures de courant par jour et n’en recevraient donc plus que deux. Conséquences dramatiques Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, met ainsi la pression sur le Hamas, qui gouverne Gaza sans partage. Cette semaine marque justement les dix ans de la prise de pouvoir par la force de ce mouvement islamiste, considéré par beaucoup, au sein de la communauté internationale, comme une organisation terroriste, dont l’Union européenne. Toutes les tentatives de réconciliation ont échoué : le Hamas entend faire vivre Gaza sous sa bannière, et l’AP, à Ramallah, refuse. Cette décennie de division paralyse l’ensemble de la société car sans gouvernement uni, une Autorité palestinienne qui se bat pour être reconnu comme Etat pédale dans le vide. Les Israéliens ont eux aussi abattu leurs cartes. Contre les recommandations de l’armée, le gouvernement de l’Etat hébreu a annoncé réduire d’environ une heure l’approvisionnement quotidien de la bande de Gaza. Les conséquences seraient dramatiques car sans électricité, les hôpitaux, les systèmes de traitement des eaux usées ou d’éclairage public ne pourront plus fonctionner normalement. Le ministère de la Santé local, tenu par le Hamas, a déjà annoncé le report sine die d’au moins un tiers des opérations. Si l’irrigation des cultures ne fonctionne plus, en plein cœur de l’été, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) prévoit des pénuries alimentaires. Un problème de plus «Tout est déjà très fragile», soupire Omar Shaban, économiste et analyste politique de Gaza : «Ça pourrait basculer très vite dans cette atmosphère.» Pour lui, la crise de l’électricité n’est qu’un problème de plus dans le marasme : «Il y a dix ans, on avait certes du courant tout le temps, mais on avait aussi des emplois pour plus de 85% des diplômés, une liberté de mouvement relative mais existante, une économie dynamique, la sécurité alimentaire…» La prise de pouvoir du Hamas par la force, la division politique nationale, et le blocus imposé par Israël ont rendu la situation «complètement désespérée». Selon la Banque mondiale, le PIB de Gaza a perdu 50% de sa valeur à cause du blocus israélien, et le chômage concerne 45% de la population active. Les frontières ne laissent passer les Palestiniens qu’au compte-gouttes. L’immense majorité de la population est aujourd’hui dépendante de l’aide humanitaire pour sa survie au quotidien. D’autres indicateurs sont au rouge. Les confrontations entre soldats israéliens et Palestiniens le long de la frontière sont quotidiennes. Vendredi, un Palestinien a été tué. Le même jour, l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA)  s’est outré de la découverte d’un tunnel creusé entre deux de ses écoles. Ces galeries servent notamment à approvisionner le territoire en armes. Le Hamas a pour l’instant démenti l’existence du tunnel, mais «cette annonce pourrait avoir des conséquences dramatiques puisque les dirigeants israéliens s’en servent contre Gaza», décrypte le politologue Mkhaimar Abusada, depuis Gaza. Après avoir fustigé l’UNRWA et les tunnels, le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a néanmoins calmé le jeu : son pays ne veut pas «d’escalade» militaire.

Le chantage Ryanair sur le Brexit

Jeudi, avril 6th, 2017

Ryanair a averti qu’il faudra arrêter les vols en provenance du Royaume-Uni pour « semaines ou mois » si Theresa May ne scelle pas un accord bilatéral de Brexit sur l’aviation internationale. La suspension des vols de Stansted et d’autres aéroports était « une possibilité très distincte », a déclaré le responsable financier de la société, Neil Sorahan, à The Guardian. Il a ajouté: « Dans le pire des cas, il n’y aura pas de vols entre le Royaume-Uni et l’Europe pour une période, pour tous les transporteurs. « Il pourrait y avoir une situation où vous allez avoir l’aise avec des séjours pour l’été 2019: ces voyages au Portugal et en Espagne, à moins que vous ne puissiez nager, ne vont pas vraiment se produire. » Ryanair, un Dublin- , Est légalement autorisé à opérer hors du Royaume-Uni dans le cadre d’un règlement européen sur les « ciel ouvert » qui permet à toutes les compagnies aériennes de l’UE et d’autres personnes dans la « zone de voyage commune » y compris le Maroc, l’Islande, la Norvège et la Suisse de voler dans et hors de Un pays s’est inscrit au pacte. La politique de ciel ouvert lie les membres de l’UE à la surveillance réglementaire par la Cour de justice européenne et à la liberté de mouvement, deux lignes rouges pour le gouvernement britannique dans les négociations de Brexit. Mais Sorahan a déclaré que, même si May a changé de position, Ryanair devait faire des plans d’urgence car l’UE avait déclaré qu’il ne pouvait y avoir aucun contrat Brexit jusqu’à ce que toutes les parties de l’arrangement soient convenues. « L’Europe a été très claire ces derniers jours, qu’aucun accord ne sera mis en place, ils ne prévoient pas de mettre en place des offres spéciales », a-t-il déclaré. « S’il y avait un scénario de falaise avec les règles de l’Organisation Mondiale du Commerce et aucun bilatéral sur ciel ouvert en place, il existe une possibilité distincte qu’il n’y aura pas de vols pendant une période de temps entre l’Europe et le Royaume-Uni. L’impact sur les entreprises serait désastreux. « La Grande-Bretagne est l’une des bases clés de Ryanair avec 40 des 400 avions exploités sur 19 aéroports du Royaume-Uni, y compris Stansted, Glasgow et Belfast. Mais la compagnie aérienne a déclaré qu’elle envisageait d’abandonner les vols entre l’Ecosse et l’Irlande du Nord et la capitale, en raison des coûts après Brexit. Ryanair croit qu’il devra mettre en place une filiale britannique avec une licence d’exploitation aérienne britannique (AOC) pour continuer les routes. Bien que Sorahan n’a pas confirmé le coût, easyJet a déclaré ses propres démarches pour obtenir une filiale de l’UE et la licence coûtera à la société 10 millions de livres sterling. Alors que easyJet perdrait autrement 40% de son trafic, les vols au Royaume-Uni de Ryanair ne représentaient que 2% de ses activités, a déclaré Sorahan. « La décision est peut-être de ne pas aller pour un AOC, mais tout simplement d’abandonner le vol domestique au Royaume-Uni ». Source: Pilotage Avion.

L’autopartage, bientôt dans le luxe ?

Mardi, janvier 10th, 2017

L’autopartage entre particuliers peut prendre deux formes distinctes : la première, probablement la plus répandue, est informelle et consiste à prêter ou à louer son véhicule à plusieurs personnes de son entourage (voisins, amis, famille) et de partager son usage (à titre gratuit ou payant). Plus récemment, la location formelle de voitures entre particuliers a fait son apparition et s’effectue par le biais de sites internet spécialisés (Drivy, Koolicar, Ouicar, etc.) mettant en relation des personnes qui ne se connaissent pas. La création de ces plateformes numériques de mise en relation permet aux particuliers d’offrir leur véhicule en partage contre une rémunération, et de rentabiliser ainsi la possession et l’entretien de leur véhicule lorsque celui-ci est à l’arrêt. L’apparition de ces nouvelles plateformes a permis la professionnalisation et la normalisation d’une pratique spontanée gérée au sein d’une communauté restreinte de parents ou de proches, notamment grâce à la participation des assurances. Depuis les années 2010, l’autopartage entre particuliers tend à prendre de plus en plus d’ampleur en France avec un parc actuel de près de 50 000 véhicules en location de particulier à particulier. Le développement de cette pratique repose sur un constat simple, souvent relayé par les acteurs positionnés sur le segment : une voiture coûte de plus en plus cher à entretenir et à posséder en raison des coûts fixes que cela implique. En effet, même si l’on n’utilise pas son véhicule, on subit, en plus des coûts d’acquisition, la hausse des dépenses en assurance, en parking et le contrôle technique. Or, les véhicules restant 95% du temps à l’arrêt, leur location ponctuelle via les diverses plateformes permet à leurs possesseurs de faire des économies et d’amortir une partie de leurs frais. Parallèlement, cette nouvelle offre permet à certains ménages de louer un véhicule moins cher que chez un loueur traditionnel. Acteurs et chiffres clefs des services d’autopartage entre particuliers Les initiatives de services de location de voitures entre particuliers se sont multipliées ces dernières années,avec l’apparition d’acteurs comme Drivy, Ouicar, Livop, Deways, Zilok, Koolicar ou encore Buzzcar (racheté en avril 2015 par Drivy). Source: les plus belles voitures.

La Chine s’offre Skyscanner

Mardi, novembre 29th, 2016

Ctrip.com, la plus grosse agence de voyages en ligne chinoise, reprend le moteur de recherche écossais Skyscanner pour 1,6 milliard d’euros. Après le HNA, le groupe hôtelier Jin Jiang, un autre géant chinois du voyage pointe désormais son nez sur la scène mondiale. Son entrée est même spectaculaire. Ctrip.com International, la plus grosse agence de voyages en ligne chinoise – un opérateur actif dans la billetterie, la réservation hôtelière, le « tour operating » et le voyage d’affaires aussi – s’apprête en effet à mettre la main sur l’écossais Skyscanner, l’un des principaux moteurs de recherche et comparateurs, la plate-forme (plus de 30 langues) comptant 60 millions d’utilisateurs actifs par mois, dont 20 % de Britanniques.

Voyage business et géopolitique

Mardi, novembre 29th, 2016

C’est Laurence Parisot, vice-présidente de l’Ifop et ex-présidente du Medef, qui a ouvert ce matin le premier Corporate Travel Forum, organisé par la centrale hôtelière HRS, avec 150 participants dont 75% d’acheteurs de Business Travel. Elle a livré son analyse sur l’impact de l’évolution de l’environnement économique sur les déplacements professionnels. Selon elle, 2016 et 2017 sont des années essentielles car annonciatrices d’une autre configuration mondiale. « La géopolitique est fondamentale. Nous pouvons repérer déjà des ruptures avec le Brexit et l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, a-t-elle commenté. Deux autres événements sont à venir en 2017 : l’élection présidentielle en France en mai et les législatives en Allemagne en septembre. » Elle estime qu’il faut s’attendre à un retour du climato-scepticisme, et donc à de grands coups de frein dans la lutte contre le changement climatique. « Si Donald Trump décide de ne pas appliquer les décisions de la Cop 21, les entreprises vont devoir changer de stratégie », regrette-t-elle. De même, le changement d’approche dans le commerce mondial risque de déboucher sur des accords bilatéraux, voire du protectionnisme, avec des barrières normées. « Si l’on va dans cette logique, ce serait un bouleversement économique et l’émergence de nouveaux rapports de force. Une telle approche affaiblirait encore plus la Chine et désorienterait l’Allemagne, dont le PIB dépend à 50% des exportations. En outre, tout mouvement de repli a toujours favorisé le nationalisme, avec des tensions multipliées et des zones de paix en danger », alerte-t-elle. « C’est le même type de schéma vécu à partir de 1929, c’est flagrant. Pour éviter le pire, il faut poser l’hypothèse et ne pas la nier. » Face à la montée du populisme, de la démagogie et des extrêmismes, Laurence Parisot incite les entreprises à défendre l’ouverture géographique et les bienfaits du commerce. « En tant qu’entrepreneur, on peut être objectif et engagé sur des valeurs fondamentales. Il faut jouer la pédagogie contre la démagogie. » Et de citer le cas de l’Europe, première puissance exportatrice mondiale. « En cas de repli économique, les voyages d’affaires seront forcément impactés », juge-t-elle. Enfin, en tant que voyageuse d’affaires, elle plaide pour la simplification des outils. « Le rêve, c’est l’appli qui fait tout ! », s’exclame-t-elle, en réclamant du design et une plate-forme de services. Quant à la sécurité autour du voyageur, elle constate que les entreprises ont encore beaucoup de progrès à faire, hormis dans les très grands groupes. « On ne sait pas suivre ni former les voyageurs d’affaires », conclut-elle.

Le challenge philosophique

Vendredi, septembre 30th, 2016

L’introduction d’une thèse de doctorat en philosophie peut sans doute se faire de plusieurs façons. Certains s’attendraient à ce que l’auteur utilise cette entrée en matière afin de mettre en place une problématique, de la situer au sein des débats et de l’avancement des connaissances sur l’objet sur lequel porte la thèse, d’énoncer une ou des hypothèses de recherche et d’annoncer la méthodologie qui sera retenue par le doctorant. Nous le ferons dans le corps de la thèse; mais, nous avons opté pour une autre façon d’introduire notre propos : esquisser succinctement le problème, présenter brièvement les principales parties du texte et annoncer dès le point de départ les limites du travail que nous entreprenons. Ce choix est délibéré. Il nous est imposé par la nature même du sujet que nous abordons dans cette thèse, pensons-nous. En effet, c’est toute la première partie de la thèse qui nous est nécessaire pour camper la problématique, faire émerger les hypothèses de recherche ainsi que mettre en lumière la réflexion philosophique qui les nourrit. Une introduction du premier type n’y aurait pas suffi. Quant à la méthodologie, un chapitre particulier lui sera dédié tant cet aspect du projet nous importe. Mais il convenait, nous a-t-il semblé, de mettre plutôt l’accent dans notre introduction sur la genèse de la démarche d’ensemble que nous avons entreprise il y a déjà plusieurs années et dont témoigne cette thèse, de prévenir nos lecteurs des grandes étapes que nous voulions parcourir en leur compagnie et de justifier dès le point de départ une démarche qui n’emprunte peut-être pas tous les canons habituels. En somme, situer nos lecteurs et les mettre suffisamment en appétit pour qu’ils acceptent de faire route avec nous… Cette thèse s’inscrit en droite ligne avec la présentation que faisait Jean-François Malherbe à l’occasion de l’inauguration de la Chaire d’éthique appliquée de l’Université de Sherbrooke à l’automne 1999. Cette présentation annonçait que l’éthique appliquée s’adressait à toute personne, à tout citoyen désireux de réfléchir sur les enjeux éthiques de sa profession et de la société. À de telles personnes, la Chaire offrait de les accompagner, de penser avec eux, de «‘catalyser’ la pensée des citoyens plutôt que de penser à leur place». Notre thèse témoigne du fait que nous avons bénéficié d’un tel accompagnement et d’une telle formation. Notre démarche est celle d’un enseignant de philosophie éthique au collégial qui réfléchit sur son «devoir» pédagogique dans ce cours compte tenu des finalités et de la nature même de l’éducation, des consignes ministérielles afférentes à ce cours et des pratiques diverses qui se réalisent sur le terrain réel de l’enseignement en classe. En ce sens, elle est elle-même une démarche d’éthique appliquée, soutenons-nous. L’élément déclencheur de cette recherche se trouve dans une interrogation sur notre rôle et notre pratique d’enseignant de philosophie éthique dans le nouveau contexte de cet enseignement tel que créé par le renouveau de l’enseignement collégial au début des années 1990. Ayant remarqué que la nouvelle exigence officielle d’arrimer ce cours de philosophie au programme d’études des élèves allait dans le sens de la montée de l’éthique appliquée, définie comme éthique sectorielle, nous nous sommes demandé si, dix ans après l’implantation de la réforme, cette approche d’éthique appliquée était vraiment présente dans les cours de philosophie éthique tels que dispensés dans le réseau collégial et, si oui, quelle était son incidence sur l’intérêt et la réussite des élèves qui participaient à ces cours. Source: challenge commercial.

Vive la dette

Mardi, juillet 19th, 2016

La crise financière de 2007-2008 a mis en évidence l’excès de dette privée antérieur, l’excès de dette publique qui en a résulté, et leur insuffisante résorption. Et pourtant, leur accumulation reste encouragée. Que nous propose en effet la nouvelle Commission européenne?? Une Union des marchés de capitaux pour élargir l’accès au marché de la dette. Et sur le plan fiscal, comment la dette est-elle traitée?? De manière préférentielle?: les intérêts qui s’y rapportent sont fiscalement déductibles pour toutes les entreprises. Cet avantage fiscal incite les entreprises à préférer la dette aux fonds propres. Les banques aussi, structurellement plus endettées que les entreprises non financières. Et ce d’autant plus qu’elles sont grandes et qu’elles bénéficient d’une garantie de sauvetage par les pouvoirs publics, car alors la dette leur coûte encore moins cher. Les dispositifs de résolution qui se mettent en place ne résorberont que partiellement ce subventionnement implicite de la dette par les pouvoirs publics. “Cet avantage fiscal incite les entreprises à préférer la dette aux fonds propres” De ce biais pro-dette, il résulte que des entreprises plus fragiles – plus endettées et donc moins capitalisées – sont financées par des banques elles-mêmes plus fragiles. Pour les banques, cette incitation fiscale au financement par la dette s’inscrit en contradiction avec le renforcement des exigences réglementaires de capitaux propres. Si d’ailleurs, les banques expriment souvent leurs réticences et leurs difficultés à accroître leurs fonds propres, ce qui théoriquement est neutre en termes de rentabilité, c’est précisément parce que cette distorsion fiscale fait des fonds propres une ressource plus coûteuse que la dette. Depuis le milieu des années 2000, ce biais préoccupe les autorités publiques et fait l’objet de débats académiques. Pour le supprimer, deux principales options sont discutées. Économistes et parlementaires américains sont plutôt favorables à la non-déductibilité des intérêts de la dette. À première vue, la plus simple et la plus logique, cette option pose deux problèmes. Premièrement, si le but est seulement de supprimer la distorsion fiscale, alors il est normal de compenser le surcroît d’impôt résultant de la suppression de la déductibilité. Comment?? En réduisant par exemple le taux d’impôt sur les bénéfices. Mais alors la non-déductibilité des intérêts devient vite un bon prétexte pour obtenir la baisse de l’impôt sur les bénéfices. Dans leur projet de réforme fiscale pro-croissance, les sénateurs américains Mike Lee et Marco Rubio proposaient ainsi début 2015 de supprimer la déductibilité fiscale des intérêts, mais aussi les taxes sur les revenus d’intérêts, et de réduire à 25?% le taux d’impôt sur les bénéfices. “La non-déductibilité des intérêts est malheureusement une solution mal adaptée aux banques?: taxer les banques sur leur marge brute reviendrait à taxer un chiffre d’affaires au lieu d’un bénéfice” Deuxièmement, la non-déductibilité des intérêts est malheureusement une solution mal adaptée aux banques?: taxer les banques sur leur marge brute (intérêts reçus) plutôt que nette (intérêts reçus moins intérêts versés) pose problème, puisque cela reviendrait à taxer un chiffre d’affaires au lieu d’un bénéfice. Les banques étaient d’ailleurs exemptées dans la proposition des deux sénateurs américains. Pourtant, c’est en priorité pour elles qu’il faudrait corriger le biais.