Archive for avril, 2012

L’Arbre devient estaminet

Vendredi, avril 13th, 2012

Transformer l’Arbre, un estaminet renommé, en un restaurant gastronomique, il fallait oser. Yorann Vandriessche a pris le risque. Contre vents et marées. L’établissement est situé au Carrefour de l’Arbre, secteur mythique du Paris-Roubaix. La salle s’ouvre sur la campagne. Elle sera prochainement entièrement rénovée.   »J’ai mon caractère, mon franc-parler. Mais la cuisine, ce n’est pas de l’à peu près. » Yorann Vandriessche est ce que l’on appelle un homme entier et son parcours professionnel l’atteste. Même s’il reconnaît ne pas avoir fait de ‘grandes maisons’, il s’est imposé lui-même l’exigence qu’auraient pu avoir envers lui ses pairs. Question d’atavisme sans doute. Si la passion de la cuisine lui est venue très tôt, peut-être la doit-il à un grand-père chef de cuisine à Lille. La détermination, il l’a héritée de son père, qui, alors que son fils prépare son CAP, rachète, pour lui offrir un jour une affaire. C’est un ancien café perdu dans la campagne, sur le parcours pavé du Paris-Roubaix. Pendant dix ans, il remontera les murs, ouvrant une fois l’an, le jour de la course cycliste, pour conserver la licence IV, alimentant ainsi la légende de l’établissement.

Alors qu’il s’apprête à baisser les bras devant l’ampleur de la tâche, son fils, qui a entre temps occupé différents postes à Lille et en Belgique, décide de reprendre l’Arbre. « Je rêvais de faire de la cuisine gastronomique, mais à 27 ans, j’étais trop jeune pour cela. » Ce sera donc un estaminet, mais « le plus beau du Nord ». Pari gagné : en presque dix ans, l’Arbre devient florissant. On fait la queue le week-end pour obtenir une table et certains jours, on tourne à 500 couverts sur trois services. En 2007, Yorann Vandriessche décide soudain de tout arrêter. Il n’a pas oublié son rêve de gastronomie : il veut revendre l’estaminet et créer un nouvel établissement. Mais il n’obtient pas le soutien des banques. Il se résout alors à transformer l’Arbre, contre l’avis de tous. « J’ai perdu 100 % de ma clientèle et vécu un an de galère », raconte-t-il. Il ne déroge pourtant pas à sa ligne de conduite, affinant une cuisine basée sur l’exigence des produits et surtout très inspirée par la mer, sa grande passion. L’attribution d’un Bib gourmand en 2010 lui donne raison. « Mon objectif était d’être au moins référencé par le Michelin », note-t-il. La perte du Bib en début d’année le fait vaciller. « J’ai passé un mois à me demander si on était mauvais ». L’étoile l’a rattrapé au vol. Yorann Vandriessche la dédie à son père, parti trop tôt vers d’autres étoiles sans voir l’ascension de son fils. Le restaurant devrait également proposer des cours de cuisine à Lille.

Bahamas et Abacos

Vendredi, avril 13th, 2012

Les Abacos ? Deux îles principales des Bahamas, Little Abaco au nord et Great Abaco au sud, et, face à elles, une centaine de minuscules îlots, les cays, dessinant une ligne verticale sur plus de 200 kilomètres. Entre les îles et les cays s’étend la mer des Abacos. Azur, forcément azur. Même si on est loin, très loin de toute tentation « riviera ». Les loyalistes anglais qui ont peuplé l’archipel à partir de 1783, fervents défenseurs de la Couronne et de l’anglicité, ont laissé une empreinte indélébile sur ces petites îles des Caraïbes et sur leurs habitants. Même l’indépendance, acquise en 1973, n’aura pas eu raison de l’attachement des Bahaméens à leur héritage britannique. Il se lit aussi bien dans l’architecture des villages que dans le goût persistant des habitants pour la navigation. Ce n’est d’ailleurs sans doute pas un hasard si les Abacos sont devenus capitale mondiale de la plaisance. Il va sans dire que le bateau, ici, est la meilleure option pour sillonner cet archipel qui compte presque plus de marinas que d’habitants. Protégées par une longue barrière de corail, ses eaux, peu profondes, sont idéales pour la navigation. On y cabote d’île en île, jetant l’ancre dans des criques désertes et mouillant au large de villages oubliés du temps. À l’ouest des cays, la mer des Abacos cède sa place à l’océan Atlantique. Oubliées les allures de lac placide, place aux vagues qui déferlent contre les récifs coralliens ! Dans ces eaux jadis infestées de pirates, les amateurs de plongée trouveront même quelques galions espagnols à se mettre sous la dent. En savoir +