Archive for octobre, 2015

Islande, cette île qui ne veut pas de l’Europe

Lundi, octobre 19th, 2015

L‟Islande a bien suscité un intérêt fort des Européens ces deux dernières années, certes moins en raison de ses perspectives européennes que de l‟éruption du volcan Eyjafjöll qui a entraîné une paralysie du système aérien. À première vue, l‟adhésion de ce pays ne pose pas de problème pour l’Union européenne, notamment en raison de sa taille modeste : après tout, ce pays est 250 fois moins peuplée que la Turquie, autre pays candidat. En d‟autres termes, l‟Islande ne représente que 0,06 % de la population de l‟UE pour 0,08 % du PIB : son niveau de vie atteint 120 % du niveau communautaire. Cette île, longtemps sous domination norvégienne puis danoise, a obtenu son indépendance en 1944 et a semblé jusqu‟à présent assez éloignée de la question de l‟élargissement. Forte de son économie florissante, de son indépendance tardivement acquise et d‟un sentiment insulaire, l‟Islande n‟a guère semblé pressée de devenir un nouvel Etat membre de l‟UE. Pourtant, la crise économique et financière amène l‟Islande à repenser sa politique étrangère : faut-il suivre comme d‟autres le chemin de l‟élargissement, ou se contenter d‟un rapprochement pragmatique et partiel avec l‟UE ? Le 17 juillet 2009, le jour de sa fête nationale, l’Islande a fait officiellement une demande d’adhésion à l‟Union européenne. Le gouvernement de Johanna Sigurdardottir y est plutôt favorable, sachant que l‟opinion publique et les partis politiques sont toujours divisés. Bien évidemment, l‟effondrement du système bancaire qui a commencé en octobre 2008 à joué un rôle de catalyseur dans cette évolution, mais la politique islandaise n‟y est pas réductible. Petite économie ouverte, l‟Islande a dû passer rapidement d‟une économie centrée sur la pêche à une économie plus diversifiée, incluant un bras financier important. Une politique laxiste du crédit a permis une accélération marquée de la consommation. Le secteur financier islandais reposait essentiellement sur trois banques, Landsbanki, Kaupthing et Glitnir (représentant les trois quarts de la valeur de la bourse), qui se déclarèrent en faillite. Plusieurs chiffres témoignent d‟un emballement : la place de l’intermédiation financière de l’immobilier est en effet passée de 17% du PIB en 1998, à 26% en 2007. La valeur des actions a été multiplié par 6 entre 2002 et 2007, ce qui ne semblait pas tenable à terme. La forte dépression économique qui s’en est suivie, de 5,5% en rythme annuel au premier semestre 2009, a entraîné l’octroi d’un prêt massif du FMI en novembre 2008. Le pays doit désormais retrouver la stabilité monétaire afin d‟assainir son budget et de restructurer son secteur bancaire ; en 2009, le déficit public a atteint 14,4% du PIB. Autre motif d‟inquiétude, le ratio de la dette publique sur le PIB atteint désormais 130% en 2010, contre seulement 29% de 2007. Le taux de chômage, quant à lui, est passé de 2,5% avant la crise à 9% de la population active en avril 2009. Au demeurant, si l‟Islande a reculé dans de nombreux classements internationaux pour sa compétitivité, elle conserve un certain nombre de forces, comme la qualité de son éducation, sa performance dans les nouvelles technologies et de bonnes infrastructures. Cette crise n’a pas été sans impact sur le système politique islandais dans la mesure où le premier ministre a été contraint à la démission en janvier 2009. Les élections qui s’ensuivirent ont permis une alternance, la coalition vainqueur rassemblant la gauche pro-européenne composée de l’alliance social-démocrate et du mouvement gauche – vert. Source: agence séminaire Islande.

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Voyageur du Monde se porte très bien

Lundi, octobre 19th, 2015

Le groupe de Jean-François Rial, qui vient de publier ses résultats semestriels, marque une pause en chiffre d’affaires. Mais avec des projets de croissance externe et de développement à l’international en 2016 qui devraient le faire rebondir. A l’issue du premier semestre 2015 clos le 30 juin dernier, le groupe Voyageurs du Monde affiche un chiffre d’affaires de 135,1 millions d’euros, en baisse de 0,6% à périmètre constant par rapport à la même période en 2014. Après exercice annuel en forte croissance (+8,8%), l’activité recule de 4,8% en terme réel sur les six premiers mois de 2015, compte tenu des effets conjugués de différents événements : Coupe du monde de football 2014 (qui avait généré du chiffre d’affaires supplémentaire sur le premier semestre 2014), fin du partenariat avec 1001 listes, cession de Trace Directe en décembre 2014 et acquisition de La Pèlerine en décembre 2014. Il s’agit néanmoins d’une « performance », selon la direction du groupe, vu le contexte difficile, caractérisé notamment « par la chute de la fréquentation touristique en Afrique (Ebola) et dans les pays musulmans – suite au décès du guide français en Algérie -, à la tragédie de Charlie Hebdo et aux attentats en Tunisie ». « Au cours de la période, tous les pays musulmans sont d’ailleurs sortis du Top 15 des destinations du groupe, soit le Maroc, Oman et la Tanzanie », remarque Jean-François Rial, « ce qui est très significatif même si sur le deuxième semestre, les choses évoluent ». Le résultat net s’établit à -3,5M€ à périmètre constant (-3,4M€ en terme réel), contre-2,3M€ au cours de l’exercice semestriel précédent (-1,7M€ en terme réel). Cette détérioration est due « à un faible tassement du taux de marge, non récurrent sur le deuxième semestre ». Il est important de rappeler que le résultat au 30 juin demeure structurellement déficitaire, en raison du cycle de l’activité : 40% du chiffre d’affaires sont réalisés au premier semestre, et 60% au second. « Sur l’ensemble de l’exercice réalisé à hauteur de 95%, nous resterons en croissance de 2% », estime Jean-François Rial, avec des marges globalement équivalentes à celles de 2014.

Un point sur la SNCM

Lundi, octobre 19th, 2015

Alors qu’on attendait que le tribunal de commerce de Marseille statue hier sur l’une des trois offres de reprise de la compagnie maritime, l’examen des projets est reporté au 28 octobre. Il faudra donc encore attendre au mieux la fin octobre pour connaître le nom du repreneur de la SNCM, le tribunal de commerce de Marseille ayant décidé hier, à la demande du procureur de la République, le report de l’étude des dossiers des repreneurs au 28 octobre. Un renvoi justifié par la nécessité de clarifier et d’améliorer les trois offres restant en compétition, à savoir celles de Corsica Maritima, du groupe Rocca et de l’ancien directeur du port de Marseille, Christian Garin, le groupe STEF associé à Baja Ferries ayant jeté l’éponge la semaine dernière. Cet énième report va surtout permettre à Daniel Berrebi, président du groupe Baja Ferries, de revenir dans le jeu avec une offre portée en solo. La date butoir pour le dépôt de l’ensemble des offres est fixée au 21 octobre. Au sein de la SNCM, placée en redressement judiciaire depuis novembre 2014, on attend toujours d’être fixé sur son sort. Selon Guillaume Sauzier, directeur commercial et marketing de la SNCM qui a rejoint la nouvelle équipe dirigeante en septembre 2014, « on pensait que le dossier de reprise allait durer 6 mois tout au plus ». Depuis, les reports se sont enchaînés et les décisions retardées pour statuer sur des offres aux périmètres sociaux quasiment identiques, à savoir une réduction drastique des effectifs (1 450 salariés actuellement). De leur côté, l’actionnaire Veolia (via Transdev) et l’Etat souhaiteraient ne pas voir dégénérer socialement la situation, à l’exemple du conflit à Air France. La perspective des élections régionales de décembre permet également de penser que l’Etat aimerait régler le dossier SNCM avant cette échéance politique. La question du remboursement des aides de la Commission européenne, de l’ordre de 400 millions d’euros, pèse lourdement dans la balance, ces aides jugées illégales par Bruxelles devant être remboursées par le futur repreneur, si ce dernier ne s’inscrit pas dans une « discontinuité économique ».