Archive for juin, 2018

Quand les banques se transforment en parfumerie

Vendredi, juin 8th, 2018

Traversez Clapham Junction au sud de Londres, et vous pourriez attraper une bouffée de quelque chose de capiteux, mais plutôt parfumé. L’odeur, il se passe, est le thé blanc et le thym. Et il vient d’une nouvelle branche de Lloyds Bank. «Cela donne une sensation d’accueil, une atmosphère accueillante», explique la designer de l’immeuble, Sarah Harrison. « Vous pouvez le sentir sur la High Street quand le vent souffle dans la bonne direction. » Lloyds n’est pas la première banque à repérer les possibilités d’attraction sensorielle. De l’autre côté de l’Atlantique, une banque propose à ses clients du café fraîchement moulu, utilisant les arômes de noisette d’Arabica pour séduire de nouveaux adeptes. En fait, plutôt que des banques, il les appelle des cafés. Au Royaume-Uni, les banques de High Street devraient fermer des centaines d’autres succursales en 2017. Néanmoins, avec des idées pour séduire de nouveaux formats, l’industrie croit que le concept de succursale bancaire a enfin le parfum de quelque chose de positif à ce sujet. Par conséquent, ils investissent des millions de livres dans les transformations. En fait, en 2017, au moins trois banques britanniques ouvriront plus de succursales qu’elles n’en fermeront. Lorsque la firme américaine Capital One a lancé une banque exclusivement numérique, elle pensait qu’elle n’aurait jamais à se préoccuper de la construction de succursales. Mais voyant que les clients voulaient une relation plus physique avec leur banque, il a changé d’avis. Maintenant, il ya 13 «cafés» bancaires à travers les États-Unis, où une tasse de café est à moitié prix pour ceux qui paient avec leur carte. Les titulaires de compte peuvent également profiter d’un muffin fraîchement cuit, ou collecter autant d’octets de données qu’ils le souhaitent à partir du wi-fi gratuit, comme ils le font en ligne, ou face à face, bancaire. Source : création de parfum.

L’agriculture en France

Mardi, juin 5th, 2018

Les statistiques de l’INSEE montrent une forte réduction de la population active agricole qui est passée de 6,2 millions de personnes en 1955 à 1,3 million en 2015, et une diminution conjointe de la part de l’emploi agricole dans l’emploi total (de 9% en 1980 à un peu plus de 3% en 2015). L’INSEE indique par ailleurs que la main-d’œuvre non-salariée (exploitants, conjoints…) constitue désormais 70% de l’emploi agricole. Sur le long terme, la tendance est encore plus marquée : alors que 80% de la population active était nécessaire pour nourrir la population française en 1800, ce ratio n’était plus que de 50% en 1870, 30% vers 1950 et 3% en 2015. Les gains de productivité réalisés dans l’agriculture après la seconde guerre mondiale ont ainsi permis une réallocation des facteurs de production en faveur de l’industrie et des services. Ils ont aussi participé à l’érosion de la main d’œuvre agricole. D’après les analyses de l’INSEE, l’agriculture est sans conteste la branche qui a enregistré les plus forts gains de productivité du travail sur le long terme, notamment grâce aux moyens de production issus de l’industrie (machines, engrais, aliments bétail etc.), et à la sélection des variétés et races à haut rendement. 40 L’arrivée de ces nouveaux facteurs de production alimentent une réallocation du capital humain vers du capital matériel. En 1988, on comptait 5,2 Unités de Travail Annuel (UTA) pour 100 ha de Surface Agricole Utile (SAU) alors qu’on n’en compte plus que 2,9 en 2010. L’accroissement de la productivité du travail a eu pour corollaire la spécialisation et l’agrandissement des exploitations. De ce fait, les exploitations sont de plus en plus étendues et intensives en capital, ce qui limite leur transmission qui doit s’accompagner d’un endettement sur le long terme important. Selon les études du RICA (périmètre des moyennes et grandes exploitations), l’endettement moyen des exploitations s’élevait à moins de 100 000 euros en 1990 contre 190 000 en 2014. Cela constitue donc un frein à l’emploi agricole, ajouté à la difficulté physique du travail, à la faiblesse de la rémunération, aux nombre d’heures de travail souvent plus important que dans les autres secteurs, etc.