Un voyage en avion de chasse

Le week-end dernier, j’ai testé pour vous un truc incroyable : vomir dans un avion de chasse. Ca s’est passé à Pontoise, par une belle mais froide journée. J’ai l’estomac plutôt solide, de manière générale. En fait, je ne me souviens pas de la dernière fois où j’ai pu vomir. Mais là, l’appareil a été plus fort que moi. Je me doutais que ce ne serait pas évident, mais j’étais loin de me douter à quel point. Rien ne m’avait préparé à ça. Parce qu’étrangement, il n’y a presque aucun récit relatant de ce genre de vol sur internet. Le pilote m’a certifié qu’il embarquait de nouveaux clients chaque semaine, et ce depuis des années. Mais alors, pourquoi toutes ces personnes n’en ont-elles pas parlé ? Y a-t-il une règle quelconque disant qu’une personne qui fait un vol en avion de chasse est opposée au web social ? Que nenni, mon bon ami. J’ai compris l’origine du problème une fois de retour sur terre. Je suis convaincu que les gens n’en parlent pas parce qu’il s’agit tout simplement d’une expérience qui ne peut être traduite par le langage. La plupart des retours d’expérience que j’ai trouvés sur le web se focalisaient plus sur l’avant-vol que sur ce qu’on ressent véritablement en vol. Je trouvais ce choix curieux, pour ne pas dire casse-bonbon, mais cela prend sens si ces personnes avaient déclaré forfait devant l’impossibilité de décrire ce moment. Souvenez-vous de ce que vous avez ressenti dans le manège le plus violent que vous ayez jamais fait dans votre vie. Et dites-vous ensuite qu’en comparaison d’un vol en avion de chasse, c’est une Twingo face à une Ferrari. Vous commencez à saisir la différence ? Malheureusement, je ne peux être plus précis. C’est en tout cas l’expérience la plus intense qu’il m’ait été donné de vivre. Trois quarts d’heure de vol, dont dix minutes de pure voltige. Dix minutes si violentes que je devais résister pour ne pas faire un black out, en contractant tous mes muscles comme jamais. Finalement, j’ai rendu tout le contenu de mon estomac du matin, de la veille et de l’avant-veille, dans un petit sac à vomi. Je me demande même si mon estomac lui-même n’a pas fini dans ce sac. Mais en dépit de ça, bizarrement, j’ai adoré. En fait, je bénis chaque seconde que j’ai pu passer dans ce cockpit. A tel point que j’économise déjà pour recommencer. Je mets en lien le descriptif de mon baptême en avion de chasse, pour ceux qui ont le coeur bien accroché !

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