L’agriculture en France

Les statistiques de l’INSEE montrent une forte réduction de la population active agricole qui est passée de 6,2 millions de personnes en 1955 à 1,3 million en 2015, et une diminution conjointe de la part de l’emploi agricole dans l’emploi total (de 9% en 1980 à un peu plus de 3% en 2015). L’INSEE indique par ailleurs que la main-d’œuvre non-salariée (exploitants, conjoints…) constitue désormais 70% de l’emploi agricole. Sur le long terme, la tendance est encore plus marquée : alors que 80% de la population active était nécessaire pour nourrir la population française en 1800, ce ratio n’était plus que de 50% en 1870, 30% vers 1950 et 3% en 2015. Les gains de productivité réalisés dans l’agriculture après la seconde guerre mondiale ont ainsi permis une réallocation des facteurs de production en faveur de l’industrie et des services. Ils ont aussi participé à l’érosion de la main d’œuvre agricole. D’après les analyses de l’INSEE, l’agriculture est sans conteste la branche qui a enregistré les plus forts gains de productivité du travail sur le long terme, notamment grâce aux moyens de production issus de l’industrie (machines, engrais, aliments bétail etc.), et à la sélection des variétés et races à haut rendement. 40 L’arrivée de ces nouveaux facteurs de production alimentent une réallocation du capital humain vers du capital matériel. En 1988, on comptait 5,2 Unités de Travail Annuel (UTA) pour 100 ha de Surface Agricole Utile (SAU) alors qu’on n’en compte plus que 2,9 en 2010. L’accroissement de la productivité du travail a eu pour corollaire la spécialisation et l’agrandissement des exploitations. De ce fait, les exploitations sont de plus en plus étendues et intensives en capital, ce qui limite leur transmission qui doit s’accompagner d’un endettement sur le long terme important. Selon les études du RICA (périmètre des moyennes et grandes exploitations), l’endettement moyen des exploitations s’élevait à moins de 100 000 euros en 1990 contre 190 000 en 2014. Cela constitue donc un frein à l’emploi agricole, ajouté à la difficulté physique du travail, à la faiblesse de la rémunération, aux nombre d’heures de travail souvent plus important que dans les autres secteurs, etc.

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